Grands Prix 2018, les 8 finalistes selectionnés

Théâtre Actualités ARTCENA
Soutien

Le 10 septembre dernier, les membres du jury des Grands Prix se sont réunis à ARTCENA pour sélectionner les 8 textes finalistes des Grands Prix de Littérature dramatique et de Littérature dramatique Jeunesse. Découvrez-les vite ! Et rendez-vous le 15 octobre pour l'annonce des deux lauréats au CNSAD lors de la cérémonie des Grands Prix, précédée à partir de 14h30 de CONNECT-Conférence Nationale des Écritures Contemporaines pour le Théâtre. Save the date !

Les éditeurs de théâtre ont envoyé à ARTCENA leur sélection d’ouvrages en mars dernier : 89 pièces ont été distribuées aux membres du jury 2018 pour un premier tour de lecture.

Le jury, présidé cette année par Marie-Agnès Sevestre, a été renouvelé de moitié et est composé de Sylvie Chenus, Marianne Clévy, Jean-Marc Diébold, Sophie Joubert, Sandrine Le Pors, Émilie Le Roux, Laurent Muhleisen, Christian Mousseau-Fernandez, Anna Mouglalis, Christophe Rauck et Marc Sussi.

Ils se sont réunis le 10 septembre dernier à ARTCENA pour un deuxième tour de lecture et pour sélectionner les 8 finalistes qui sont :

En Littérature dramatique :

  •     Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face, Jean Cagnard, Espaces 34
  •     Aphrodisia, Christophe Pellet, L’Arche
  •     Berlin sequenz, Manuel Pereira, Espaces 34
  •     Poings, Pauline Peyrade, Les Solitaires Intempestifs
  •     Mayday, Dorothée Zumstein, Quartett

En Littérature dramatique Jeunesse :

  •     Trois petites sœurs, Suzanne Lebeau, Editions Théâtrales, coll. Théâtrales jeunesse
  •     Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz, Sylvain Levey, Editions théâtrales, coll. Théâtrales jeunesse
  •     Les Séparables, Fabrice Melquiot, L’Arche

La cérémonie des Grands Prix se déroulera le 15 octobre à 18h30 au théâtre du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, partenaire de l’événement depuis 2016. Les élèves du Conservatoire, préparés par Robin Renucci, liront des extraits des oeuvres finalistes. Une cérémonie organisée également avec la collaboration de la Librairie Le Coupe-papier et de l’association de lycéens Des Jeunes et des Lettres.

ARTCENA et le CNSAD proposeront le même jour à  14h30 lors de CONNECT-Conférence Nationale des Écritures Contemporaines pour le Théâtre, après-midi de débats  auquel seront conviés les auteurs, les traducteurs, les éditeurs, les metteurs en scène, les comédiens, les programmateurs, les comités de lecture, les responsables de dispositifs de soutien… et tous ceux qui oeuvrent au passage des textes aux plateaux en 2018.

 

Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face

Jean Cagnard

Comment s’en sortir lorsqu’on est toxicomane ? Comment voit-on le monde ? Comment nous voit-il ? N’est-on pas en permanence « sur le seuil », à cet endroit de mise en jeu de la vie ? Est-on jamais sûr de se réveiller, et dans quel état ? Est-on jamais sûr du prochain pas ?

À travers la voix du résident en institution (tous les résidents) et celle de l’éducateur (tous les éducateurs), nous traversons une très longue journée, peut-être infinie, grâce à la langue percutante de Jean Cagnard qui déploie une succession de paysages insolites et troublants, où la vie a la nécessité de se réinventer, parfois de façon drôle et cocasse malgré la souffrance.

Comme l’écrit l’auteur : « C’est de l’interprétation  libre et inquiétante de la condition terrestre. Et puis comme souvent derrière les apparences, c’est la machine humaine qui est en action tout simplement. »

Aphrodisia

Christophe Pellet

Élégie contemporaine, Aphrodisia se déploie comme le rêve d’une union perdue qu’il s’agirait de retrouver. Mythes antiques et allégories anciennes rencontrent une forêt de symboles de la modernité : cravates, colocs et open spaces. L’ère du tout-fonctionnel. Refusant de se dissoudre dans un monde du travail qui écrase l’individu, les personnages de Christophe Pellet s’absorbent dans une quête de lumière des origines, là où subsiste une réelle présence de l’être et du désir – à l’écart de la froideur des connexions virtuelles.

Berlin sequenz

Manuel Pereira

Berlin, de nos jours. Parmi la génération des 20 ans, Jan, à vif, passionné, frondeur, marche à la rencontre de toutes sortes de gens dans cette ville qui ne dort jamais. Il se lie à un groupe de jeunes, organisés en collectif, qui tentent de ne pas « collaborer » avec le système, de mettre en place une autre relation au travail et à la société. Mais Jan entre en conflit avec ces rebelles si raisonnables à son goût. Lui, ne veut pas pactiser avec le monde qu’il condamne. Son engagement il l’exprime dans un article virulent destiné à leur magazine alternatif. Jugé trop violent, l’article est refusé. Jan poursuit alors sa marche dans la ville, parmi les autres dépossédés de la vie. Il est impatient d’agir, au risque de se brûler.

Pour la génération des 20 ans en Europe, quelles sont les alternatives face à un capitalisme anxiogène qui ne produit au fond que des relations mutilées ?

Berlin sequenz est un texte sur le désir. Désir des autres, désir brûlant d’une sincérité, désir d’un autre monde possible…

Poings

Pauline Peyrade

Tu voudrais crier mais rien ne sort. Comme si tu ne voulais pas qu’il s’en aille. Comme si tu ne voulais pas qu’on vous dérange.

Poings, c'est un combat pour le ressaisissement de soi. C'est cinq moments d'une histoire d'amour toxique, de la rencontre à la rupture, racontés selon le point de vue d'une femme en état de choc qui cherche à trouver un sens à ce qu'elle a vécu.

Mayday

Dorothée Zumstein

MayDay est une remontée libre et sauvage dans le temps, une plongée dans la mémoire, c’est-à-dire dans une matière infinie, plus vaste que le souvenir. Tout part d’une interview : pour échapper aux fantômes de son passé, Mary Burns accepte de revenir sur les crimes qu’elle a commis dans son enfance, lorsqu’elle avait dix ans. Sa parole va faire surgir, successivement, d’autres figures féminines : Mary à 10 ans, sa mère, la mère de sa mère. Les voix et les images vont s’entremêler, à ciel ouvert. Pour au final, comme au sortir d’un rêve, entrevoir la possibilité d’être, à peu près, en paix avec le présent.

Trois petites sœurs

Suzanne Lebeau

Alice est une petite fille sans histoire, un peu tête de mule, très aimée par ses parents et entourée par ses soeurs, la grande et la petite. Jusqu’à ce que le malheur arrive sans crier gare, sous la forme d’une tumeur. À cinq voix, la famille raconte alors la vie d’Alice, son combat jusqu’à sa mort, paisible dès lors qu’elle aura compris que ces quatre-là seront capables de dépasser leur douleur pour vivre sans elle. Suzanne Lebeau affronte dans ces Trois petites soeurs le dernier tabou que notre société médicalisée et hyper sécurisée tente d’occulter : la mort de l’enfant. Par une écriture pudique et forte en émotion, touchante et pourtant épurée, elle signe un nouveau texte dramatique puissant, qui vise l’universel chez les enfants et les adultes.

Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz

Sylvain Levey

Qui est Michelle ? Ou plutôt : qui est uneviedechat ? Une adolescente insouciante ou mal élevée ? On assiste ici à la confrontation de deux mondes : celui des « vieux », qui regardent défiler le paysage, et celui des jeunes, prompts à le mettre en boîte, ce beau décor, avec leurs smartphones tout équipés et ultraconnectés. C’est à ce nouveau monde qu’appartiennent Kim, Angèle, Michelle, Sélim et Abel. Et c’est l’ancien monde qu’ils viennent visiter en allant découvrir à Auschwitz l’horreur des camps de concentration, ce souvenir dur et froid, qui ne résistera pas, cependant, au sourire de Michelle et au déclenchement de son appareil photo…

A-t-elle accompli son devoir de mémoire en prenant ce selfie ? A-t-elle sali le passé en posant devant les vestiges de la Shoah ? Les avis divergent sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent, et la Toile se referme sur Michelle, prisonnière virtuelle d’un harcèlement numérique cruel. L’écran devient le point de confluence entre le réel et l’image, et redessine nos espaces de parole et de liberté.

Avec cette pièce chorale inspirée d’un fait divers réel, Sylvain Levey nous laisse libres d’exercer notre regard ­ et notre jugement ­ sur cette société du paraître que nous avons bâtie. Grâce à une dramaturie jouant de l’immédiateté d’Internet, il démonte le mécanisme de l’emballement virtuel, qui confine au harcèlement.

Les Séparables

Fabrice Melquiot

Romain et Sabah, deux enfants de neuf ans qui vivent dans le même lotissement, se sont construit des mondes imaginaires pour échapper au réel. Échapper par les rêves aux peurs et aux suspicions des parents, à l’égard du voisin, de l’autre et de ses différences. Eux s’aiment, un point c’est tout. Eux voudraient à jamais rester ensemble, mais leurs parents en ont décidé autrement.

Financé par

Le ministère de la Culture - Direction générale de la création artistique

En partenariat avec

Conservatoire national supérieur d'art dramatique - CNSAD
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