Le prix de l’art, diversité de la création

Théâtre
DÉBATS DE 11H

Mardi 10 juillet 2018, Festival d’Avignon, deuxième débat de la Semaine professionnelle animé par La Scène au Cloître Saint-Louis. Discussions autour de la valeur à donner à l’art dans l’espace démocratique et de l’accessibilité du public aux œuvres et au spectacle. 

La notion de valeur embrasse une grande variété de registres : territoriale, sociale, économique, pratique. Et puis il y a la valeur d’échange, sa traduction marchande qui renvoie à la notion de prix. Comment déterminer la valeur artistique d’une création à travers tous ces facteurs et paramètres ? Et qu’est-ce qui dans ces conditions fait qu’une œuvre est réussie ?

 « Le prix ne doit pas être un frein pour le spectateur ». S’il n’est pas aisé de rester fidèle à la consigne de Jean Vilar dans un monde capitaliste qui se nourrit de l’art pour créer de la richesse marchande, il n’est pas interdit de s’interroger sur les possibilités de moins soumettre la création artistique à des impératifs de valorisation marchande. Et par extension de se pencher sur la question de la démocratisation du spectacle

Pour respecter les fondamentaux du spectacle vivant, des initiatives sont lancées. Elles tentent de placer coûte que coûte la valeur artistique, sinon au cœur du projet, en tout cas devant la valeur marchande des œuvres. À l'instar du festival du Nouveau théâtre populaire (NTP), créé en 2009 en Maine-et-Loire par un collectif d’acteurs et de metteurs en scène, qui propose tous les étés des spectacles au tarif unique de 5 € la place et dont la fréquentation, tout autant que le succès d'estime, ne cessent de croître.

Entre la valeur purement artistique et la valeur marchande d’une œuvre ou d’un spectacle, n’y a-t-il pas un bon équilibre à viser, une « valeur vaporeuse » (dixit Dominique Sagot-Duvauroux) qui permettrait à la fois de faire vivre le territoire et la création artistique ? Comment des « îlots de résistance » peuvent-ils émerger et survivre dans un contexte de contraintes économiques lourdes ? Les intervenants étaient invités à débattre et tenter de répondre à toutes ces questions.

Les intervenants du débat

Lazare Herson-Macarel

Directeur de la compagnie de la jeunesse aimable, codirecteur du festival du Nouveau Théâtre Populaire (NTP)

Comédien, metteur en scène et directeur de la compagnie de la jeunesse aimable depuis 2003, il fonde, en 2009, avec d’autres artistes le festival Nouveau Théâtre Populaire qu’il codirige. Le festival donne chaque année la possibilité à un large public et à un prix accessible de (re)découvrir des pièces de répertoire portées par de jeunes artistes.
 
[En savoir plus / Festival Nouveau Théâtre Populaire]

Dominique Sagot-Duvauroux

Économiste français

Spécialiste de l’économie de la culture, Dominique Sagot-Duvauroux est enseignant-chercheur à l’Université d’Angers. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur les thématiques liées à l’économie culturelle, au droit d’auteur ou au marché de l’art.
 
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Carole Talon-Hugon

Philosophe, professeur des universités - Université de Nice-Sophia Antipolis

Philosophe spécialiste de l’Esthétique et de la philosophie de l’Art, Carole Talon-Hugon est enseignante-chercheuse à Université Nice Sophia Antipolis. Membre de l’Institut Universitaire de France (IUF), elle est également directrice de publication de la Nouvelle revue d’esthétique et directrice de rédaction de la revue Noesis.
 
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Les intervenants
© Dorothée Burillon

 

Pour compléter le débat

Le Festival d’Avignon et ses spectateurs : une relation morale et économique

En juillet 1997, France Culture diffusait une série d'entretiens enregistrés en 1966, entre Agnès Varda et Jean Vilar. À l'époque, Avignon « c’était à la fois des rapports moraux avec le public, mais c'était aussi des rapports économiques ». Voilà ce que nous dit Jean Vilar, qui rappelle que le théâtre est aussi un commerce.

[« Jean Vilar : "Il y a des rapports sentimentaux qui existent à Avignon" », Podcast France Culture du 9 juin 2016]

Analyse des activités marchandes du spectacle vivant

Un rapport téléchargeable d’analyses statistiques de Valérie Deroin, responsable d'études sociales et économiques au Ministère de la Culture, au sujet des activités marchandes de spectacle vivant en 2010.

[« Activités marchandes du spectacle vivant en 2010 », Culture Chiffres, Ministère de la Culture, avril 2013]

Valeur marchande et valeur esthétique

Comment la valeur marchande des oeuvres d'art a-t-elle été conduite à supplanter leur valeur esthétique ? Dans cet article, la philosophe Carole Talon-Hugon tente de mettre au jour la logique et les mécanismes ayant conduit à une radicalisation de l'hétérogénéité de la valeur artistique et de la valeur marchande des oeuvres d'art dans l'art contemporain.

[CAROLE TALON-HUGON (2004), « Valeur et esthétique, valeur marchande », Philosophique, n°7, p.67-77]

Des spectacles populaires et accessibles à tous

Hommage direct à Jean Vilar, fondateur du Théâtre National Populaire et du festival d'Avignon. Le Nouveau Théâtre Populaire est un festival créé, il y a bientôt dix ans à Fontaine-Guérin, petit village de Maine-et-Loire. Des grands textes classiques joués en plein air, avec peu de préparation, peu de décors, en prise directe avec le public, le plus diversifié possible et à un prix accessible au plus grand nombre.

[« Cap sur le Nouveau Théâtre Populaire », ARTE, 25 août 2017]

Perspectives d’évolution d’un secteur pas comme les autres

Entretien avec Isabelle Barbéris, Maître de conférences en Arts de la scène et du spectacle vivant à l’université Paris 7 – Denis Diderot. La co-auteur de L'Économie du spectacle vivant revient sur les caractéristiques et les perspectives d’avenir de ce champ d’activité pas comme les autres.

[« L’exception du culturel », La Terrasse n°222, 23 juin 2014]

Co-organisateurs des débats :

La Maison Professionnelle du Spectacle Vivant
ISTS Avignon
La Scène
Festival d'Avignon