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FAI-AR, Formation supérieure d’art en espace public

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Date de publication09 octobre 2019
© Bernard Baudin

L’art est-il soluble dans le monde du travail ?

Arts de la rue Théâtre Cirque
FOCUS

L’intérêt d’étudier le dialogue entre le monde de l’art et le monde de l’entreprise réside dans le foisonnement de formes que cela peut prendre dans toutes les disciplines des arts vivants (spectacle vivant et arts visuels).

Précisons cependant que lorsqu’un artiste est en immersion dans une entreprise, ce n’est pas uniquement pour effectuer une « prestation » formulée par l’entreprise, ainsi que le qualifient Paul Ardenne et Jean-Baptiste Farkas1 qui décrivent cette présence : convoquée pour son potentiel créatif, sa faculté à fabriquer de l’imaginaire et du récit, pour sa capacité à créer des situations inédites. Il ne s’agit pas non plus d’une simple sollicitation d’apport en industrie pour des besoins de production artistique. Lorsque l’artiste est en immersion dans l’entreprise, c’est bien pour réaliser son « travail d’artiste » au sein d’un contexte particulier qu’est l’entreprise, cette organisation non dédiée à l’art. Sans vouloir ouvrir un débat esthétique sur les œuvres nées d’un tel dialogue, il est intéressant d’essayer d’en comprendre les impacts sur les publics concernés. Ou, pour le formuler avec les mots du sociologue Jean-Paul Fourmentraux2, d’analyser « ce que l’art fait et fait faire à ceux qui l’instaurent et qui en font l’expérience ».

Pour formuler autrement, l’art est-il soluble dans le monde du travail ? Au-delà de cette question, c’est la problématique de la rencontre entre deux mondes qui se pose, avec tout ce que cela peut provoquer en termes d’interactions, de résistance ou de fusion. Qu’est-ce qui est à l’œuvre lorsque cet étranger venu de l’extérieur qu’est l’artiste rencontre ce monde intérieur qu’est l’entreprise ? Que se passe-t-il quand la création artistique se connecte à des lieux qui ne lui sont pas naturellement dédiés ?

  • 1. Entretien Paul Ardenne et Jean-Baptiste Farkas, « L’artiste prestataire » in « L’Artiste et l’entrepreneur », ouvrage collectif dirigé par Norbert Hillaire, Cité du design edition, 2005
  • 2. Jean-Paul Fourmentraux, « L’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012

Le contexte nourrit le process

Envisager l’art en immersion dans l’entreprise, c’est le prendre dans sa dimension contextuelle ; contexte qui va nourrir le processus de production. Comme le décrit Paul Ardenne3 : « Plus que des formes ou autant que des formes, sont proposés au spectateur des événements, une expérimentation in vivo ». Spectateur étant à prendre ici au sens large du mot « public », c’est-à-dire les personnes à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. Au-delà du contexte, donc, c’est bien la dimension opératoire qui est en jeu, ce que Jean-Paul Fourmentraux4 appelle les « œuvres agissantes », celles  dont les modalités de production importent autant (sinon plus) que l’œuvre en elle-même.

Aussi, dans le cas d’une production artistique in situ, particulièrement dans les lieux non dédiés à l’art, l’œuvre incarne une relation. Cette relation est à l’œuvre dans des dispositifs tels que Les Nouveaux Commanditaires (Fondation de France), les Ateliers de l’Euroméditerranée (Marseille-Provence 2013) ou encore Quand l’art rencontre l’industrie.


Rêvez le goût et sa couleur ! Résidence d’artiste Maeva Barrière dans l’entreprise Poult, 2014

Dispositifs qui, chacun à leur manière, expérimentent des processus de production innovants pour lesquels la relation avec la structure hôte est au centre de la création artistique. Création qui « requiert le spectateur, comme un élément à part entière du dispositif créatif (Ardenne) ». Le public n’est pas passif, comme le décrit Jacques Rancière5, à savoir « un spectateur immobile, à sa place, qui se tient en face d’une apparence en ignorant le processus de production ». Dans le cadre d’une présence artistique in situ, quand le travail de l’artiste se fait pendant le temps et sur le lieu de travail, la distance est abolie, le public devient « expérimentateur ».

  • 3. Paul Ardenne, « Un art contextuel », Manchecourt, Flammarion, 2002
  • 4. Jean-Paul Fourmentraux, « L’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012
  • 5. Jacques Rancière, « Le Spectateur émancipé », La Fabrique éditions, 2008

Artistes et Citoyens à l'oeuvre - Marseille Provence 2013
Date de parution : mai-12
Zibeline n°46 (supplément gratuit)

Éclater la coquille

Nicolas Frize - compositeur qui a consacré nombre de ses créations à la relation au travail, en entreprise comme en prison —  a passé deux années au sein de l’usine PSA Peugeot Citroën de Saint-Ouen (2012-2014). Là, il a vécu une aventure multidisciplinaire qui l’a conduit dans de nombreuses directions : constitution d’une bibliothèque sonore (ateliers, bureaux, espaces communs, vie du travail), recherche en lutherie et création d’un instrumentarium à partir de pièces automobiles, actions artistiques et composition d’une œuvre musicale.

Loin d’être évidente, la relation avec les salariés de l’entreprise s’est construite petit à petit. Patient, Nicolas Frize est allé chercher ces interactions, car « au départ, raconte-t-il, dans la relation avec les ouvriers, la parole était descendante, elle passait par les cadres ». Semaine après semaine, pendant deux ans, l’intérêt s’est inversé et ce sont les ouvriers qui ont finalement guidé le travail de l’artiste, grâce à de nombreux temps de discussion. Il poursuit : « J’ai eu de longues conversations sur la perception du travail, sur des questions sensibles. […] Je vais chercher de l’expérience, des règles de l’art, je cherche l’invisible, ce que les gens ne voient pas. Les gens n’imaginent pas ce qu’ils mobilisent lorsqu’ils travaillent ». Au fil des jours, Nicolas Frize a fait écouter les sons collectés. « Pendant les séances d’écoute, les ouvriers étaient surpris. Ils ont découvert des secrets sonores. Ils se sont rendu compte qu’il y avait des sons qu’ils n’entendaient plus ». « On a fait éclater la coquille » dira l’un d’entre eux à l’issue de la résidence du compositeur, s’appropriant les effets induits de cette œuvre commune.


Nicolas Frize dans l'intimité de l’usine PSA Peugeot Citroën de Saint-Ouen, France Info, 2014

Lorsque ces interactions ont lieu, c’est une véritable réciprocité qui s’opère, chacun s’immisce sur le terrain de l’autre et se nourrit de la symétrie de cette relation : « l’artiste travaille le collectif et le collectif travaille l’artiste6». On perçoit dans ce type de résidences les « formes inédites d’expériences vécues7» décrites par Jacques Rancière ; ces « matériaux susceptibles de contribuer à la reconfiguration de son monde ». En cela, ces projets sont émancipateurs. L’art est envisagé dans sa dimension opératoire pour que l’expérience vécue (telle que définie par le philosophe John Dewey8) « soit toujours comprise en termes de relation, d’interaction et de transaction ».

  • 6. Jean-Paul Fourmentraux, « L’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012
  • 7. Jacques Rancière, « Le Spectateur émancipé », La Fabrique éditions, 2008
  • 8. John Dewey, « L’Art comme expérience », 1934, Folio essais 2008

Dossier de presse Intimité
Auteur : Nicolas Frize
Date : 2014

Si l’expérience menée par Nicolas Frize a été positive pour les différents protagonistes du projet, il arrive parfois que le travail de l’artiste perturbe malgré lui l’organisation et cristallise des ressentis qui le dépassent. C’est ce qui s’est passé pour le projet « Monument d’images » mené par l’artiste photographe Alain Bernardini à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif dans le cadre des Nouveaux Commanditaires (2008). Intéressé par l’univers du travail et ses représentations, l’artiste avait alors été choisi pour réaliser une œuvre monumentale sous la forme d’un mur d’images à l’entrée de l’hôpital. La direction artistique choisie par Alain Bernardini, validée par la Direction de l’hôpital et le collectif d’employés composant les Commanditaires, consistait en des mises en scènes de travailleurs dans des situations improductives : « saisir les instants de non-travail, de pose, d’échanges, de rires, selon un parti pris radical où l’individu photographié serait plus qu’un travailleur, plutôt un citoyen9 ». Le projet démarre et le photographe commence à produire une série d’images qu’il montre peu à peu aux équipes de l’hôpital.

C’est alors qu’un mouvement de contestation apparaît, porté par deux syndicats, qui exigent l’abandon du projet. Mettant en avant l’argument financier – le coût artistique étant considéré comme inapproprié dans un contexte de restrictions budgétaires – c’est surtout une intention de mépris portée sur le travail salarié qui est prêté à l’artiste. Car en réalité, ce sont les photos elles-mêmes qui font polémique, elles sont vécues par les organisations syndicales comme une provocation à l’encontre du monde du travail en général et des fonctionnaires en particulier. Fourmentraux commente : « ce que l’artiste développait, dans une photographie de l’utopie, une invitation au rêve et au travail libéré est vécu par la plupart des agents et syndicats comme une insulte ». Une pétition commence à circuler, des affiches sont placardées sur les murs, des articles dans la presse sont publiés, bref, le projet est critiqué de toutes parts. Alain Bernardini10 s’est retrouvé contraint d’abandonner, « sous la pression », déclare-t-il, les résistances étant trop fortes. « Je pensais, dans ce contexte, que l’on ne devait pas faire œuvre à tout prix, dit-il. Par contre, j’ai revendiqué qu’on n’abandonnerait pas les images, qu’elles seraient vues dans d’autres conditions ». Finalement, l’œuvre qui devait s’étaler sur les murs du hall d’entrée deviendra un livre, conçu en deux parties11. La première avec les photos réalisées (en accord avec les salariés concernés) et la seconde avec une compilation des documents qui ont marqué la controverse (pétition, textes, articles de presse, écrits de l’artiste, etc.). Depuis, Alain Bernardini a réalisé ce projet dans d’autres contextes, comme en 2012 à la Caisse d’épargne, sans opposer de telles résistances.

Travailler avec l’humain est un « terrain » délicat, particulièrement dans un monde du travail qui subit de grandes mutations qui inquiètent la plupart des salariés et organisations représentatives. Dans ce contexte, la présence artistique peut être à double tranchant : permettre une meilleure appréhension du changement, ou à l’inverse faire naître ou porter des ressentis susceptibles de générer de véritables conflits.

  • 9. Jean-Paul Fourmentraux, « L’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012
  • 10. Entretien avec Alain Bernardini, in Jean-Paul Fourmentraux, « L’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012
  • 11. Alain Bernardini, « Monument d’images », 3CA / Captures Editions, 2009

Et les bureaux
Auteur : Alain Bernardini
2013

Humain non humain

© Anne-Valérie Gasc
© Anne-Valérie Gasc

Certains artistes s’affranchissent de cette problématique en développant une production artistique différente. C’est le cas de Anne-Valérie Gasc avec son entreprise fictive « Gasc Démolition ». Le travail de la plasticienne consiste à « échafauder des stratégies de remise en cause du réel ». Pour cela, Anne-Valérie Gasc va mettre en œuvre « des protocoles de démolition, des opérations de sabotage, des événements insaisissables, qui viendront bouleverser et ébranler la perception statique et rassurante que l’on a du réel ». Une des facettes de ce travail est le projet « Crash Box ». Structuré comme un laboratoire de recherche, le projet sera mené avec l’entreprise Ginger-CEBTP Démolition entre 2007 et 2013 (dans le cadre des Ateliers de l’Euroméditerranée pilotés par MP2013).

Crash Box est une caméra ultrarapide insérée et protégée par une boîte métallique qui chute en même temps que le bâtiment, et qui permet de saisir une démolition à l’explosif au cœur même de l’édifice. Voir ce qui ne peut être vu, vivre ce moment pendant lequel le réel nous échappe, rendre matérielle la dimension immatérielle, une mission presque impossible qu’Anne-Valérie Gasc tente de réaliser, pour « rejouer les conditions qui font qu’une œuvre d’art apparaît », considérant que « c’est dans des moments où tout est bouleversé, où tout disparaît » que cela est (peut-être) possible. Alors que la relation avec l’entreprise s’inscrit dans la durée, pour ce qui s’apparente au départ à un « projet d’artiste », il est intéressant d’observer que le travail mené par Anne-Valérie Gasc est également sollicité par les maîtres d’ouvrage pour d’autres raisons. C’est ce que raconte Pierre Burguière, ancien directeur de Ginger-CEBTP Démolition, qui insiste sur le fait que « le travail artistique permet d’accompagner des démolitions de bâtiments, en lien avec les habitants ». Il est certain qu’en conférant une dimension symbolique à la démolition d’anciens logements, en tant que lieux de vie, de mémoire et de souvenirs, en faisant basculer un immeuble au moment de sa destruction dans le monde de l’art, une œuvre va naître qui elle, ne pourra pas être détruite.

Contemporaines, Gasc Demolition, Crash Box, 2012

De nombreuses œuvres réalisées en dialogue entre monde de l’art et monde de l’entreprise prennent corps sur l’espace public, ou sont rendues publiques sous diverses formes. Au théâtre par exemple, avec des pièces issues des écritures du réel comme « La Coopérative » de la cie Le Pas de l’oiseau ou encore « To burn or not ? » mise en scène par Michel André, qui toutes deux racontent le monde de l’entreprise à partir de témoignages et de récits de vie.


La Coopérative, Entretiens et reportage, Avignon 2014

Pour autant, il est intéressant de noter que certaines œuvres réalisées en immersion dans le monde de l’entreprise restent souvent confidentielles. Non pas comme un secret bien gardé (quoique), mais dans le sens « privé » du terme, dans un entre soi constitué des salariés et usagers de l’entreprise. Il en est ainsi du travail de Séverine Bruneton et Laëtitia Cordier en résidence chez Descours et Cabaud à Marseille. Sur treize murs à l’intérieur de l’entreprise, les deux artistes ont réalisé treize fresques illustrant le travail, le geste et les outils, visibles uniquement par les salariés et personnes de passage dans l’entreprise. On pourrait penser que c’est parce que l’œuvre ne peut (doit) pas sortir de son contexte au risque de perdre son sens, mais une autre idée peut émerger, celle de la relation intime qui s’est tissée entre l’artiste et ses hôtes pendant la réalisation de l’œuvre, qu’il conviendra de garder « à l’intérieur » pour ne pas en rompre le charme.


Atelier de l’EuroMéditerranée de Séverine Bruneton et Laëtitia Cordier chez Descours & Cabaud, 2012

Une œuvre agissante

Quand l’entreprise et l’art entrent sur un terrain de réciprocité, où chacun va nourrir l’autre dans un rapport de symétrie, l’effet décélérateur que peut avoir le temps de la création (celui de la rencontre et de la compréhension) est d’une grande fertilité. De là naît une « œuvre agissante12 », qui « cesse d’être uniquement une expression ou le reflet de quelque chose » pour devenir « un opérateur de pratiques qui fait bouger les lignes de notre expérience ordinaire ».

N’est-ce pas à cet endroit-là que le monde de l’entreprise et le monde de l’art se rejoignent le mieux ? Lorsque le modèle de l’économie libérale cède la place au modèle de l’économie contributive, ainsi que définie par Bernard Stiegler13, où les relations sont fondées sur la parité. Dans une forme de « société conviviale », que décrivait le penseur Ivan Illich14 ; une société ouverte qui « nous réserve des surprises ». Par un travail inséré dans la réalité brute, l’artiste est un acteur de la démocratie, du faire société. Il est un passeur. Comme le souligne Paul Ardenne15, le contexte dans lequel l’artiste opère « rend l’art au présent et fait de lui un partenaire de l’histoire immédiate ». Qui sait si les biens ainsi produits permettront à chacun, comme le soulignait Illich, « de façonner l’image de son propre avenir

  • 12. Jean-Paul Fourmentraux « l’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012
  • 13. Bernard Stiegler « Nous sommes au bout du modèle fordiste, il faut passer à un modèle contributif », With out model, 2014
  • 14. Ivan Illich, « La Convivialité », Editions du Seuil- Point/essais – 1973
  • 15. Paul Ardenne, « Un art contextuel », Champs Arts, Flammarion, 2002

Pour aller plus loin

Ardenne Paul, « Un art contextuel », Champs Arts, Flammarion, 2002

Dewey John, « L’Art comme expérience », 1934, Folio essais 2008

Fourmentraux Jean-Paul, « L’œuvre commune, affaire d’art et de citoyen », Les Presses du réel, 2012

Hers François – Douroux Xavier « L’art sans le capitalisme », Les Presses du réel, 2011

Hillaire Norbert, ouvrage collectif, « L’Artiste et l’entrepreneur », Cité du design Édition, 2005

Huitorel Jean-Marc, « Art et économie », Éditions cercle d’art, 2008

Illich Ivan, « La Convivialité », Éditions du Seuil —  Point/essais – 1973

Lambolez Christel, « Les artistes infiltrent l’entreprise », « Focus RH », 2007

Mayeur Christian, « Le manager à l’écoute de l’artiste », Éditions d’Organisation, 2006

Rancière Jacques, « Le Spectateur émancipé », La Fabrique éditions, 2008

Stiegler Bernard, « Nous sommes au bout du modèle fordiste, il faut passer à un modèle contributif », With out model, 2014

Terret Anaïs, « Les apports de l’art au management. Le cas des interventions artistiques en entreprises. », Alternative Management Observatory (AMO), [Cahier de recherche] 26 mai 2014

Toma Yann, Jamet-Chavigny Stéphanie et Deveze Laurent, « Artistes & Entreprises », D’ailleurs (revue de la recherche, ERBA Besançon) et Art&Flux (CERAP – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), 2012

Zask Joëlle, « Participer – Essai sur les formes démocratiques de la participation », Le Bord de l’eau, 2011

Fanny Broyelle
Secrétaire générale de Pick up Production à Nantes. Récemment installée sur la côte Atlantique, Fanny Broyelle a vécu à Marseille plus d’une vingtaine d’années. Son expérience professionnelle passée par Mondes Communs, Marseille-Provence 2013, Lieux publics, l'Arcade ou la Chou...